FLAUBERT GUSTAVE (1821-1880)

Lot 565
2 000 - 3 000 €

FLAUBERT GUSTAVE (1821-1880)

Lettre autographe signée adressée à Julia, femme d'Alphonse DAUDET S.l.n.d., 2 pages in-8 à l'encre
Adressée à la femme d'Alphonse Daudet, Julia, avec des mots sincères à propos de son livre tout récemment publié Impressions de nature et d'art, qui parle de littérature, de son mari et de son dernier livre Les
Rois en exil et dans laquelle il reconnait qu'il se sent vieux et faible: «Je ne saurai vous dire le plaisir que m'a causé ‘L'enfance d'une parisienne'. Si le mot charmant n'était pas banal, je l'écrirais. Sans appareil scientifique, sans surcharge de couleurs, sans prétention à l'idéal ou au naturalisme, vous faites sentir ce que vous avez ressenti.
Il m'a semblé parfois, en vous lisant, que j'avais été autrefois une petite fille, jouant aux Tuileries, marchant dans la rue de Rivoli, et vivant dans cette bonne vieille maison avec ses ornements Empire et ses grandes armoires. C'est un régal pour moi qui aime la Littérature en soi que de lire des choses pareilles. La race de votre style est très noble et très délicate. Si artiste, sans en avoir l'air! Voilà le difficile! Dans vos pensées détachées, j'en ai trouvé plusieurs qui m'ont semblé ahurissante de vérité et de tournure, comme celle sur les jets d'eau. Les deux pièces de vers que j'aime le mieux sont ‘A mon fils' et ‘La chambre aux joujoux'. Et dans les études littéraires, j'ai relu avec un nouveau chatouillement d'amour-propre tout ce qui me concerne. Je ne pourrai pas aller vous remercier avant un mois ou six semaines, car je ne puis faire encore que quelques pas dans mon
Cabinet. Le Temps ne donne pas le roman de votre mari. Pourquoi? Dites-lui donc (à votre mari) de m'écrire un peu. Serrez-lui la main de ma part, et permettez-moi Madame de baiser la vôtre, en vous priant de me croire votre très respectueux et affectionné serviteur (et copain).
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