MALLARMÉ STÉPHANE (1842-1898)

Lot 636
1 500 - 1 800 EUR
Résultats avec frais
Résultat: 1 820 EUR

MALLARMÉ STÉPHANE (1842-1898)

Lettre autographe signée adressée à Joris-Karl HUYSMANS pour la publication des oeuvres d'Auguste de VILLIERS DE L'ISLE-ADAM S.l., 18 décembre 1889, 2 pages in-16 montées sur onglets, enveloppe conservée
La «Marquise» qu'évoque ironiquement Mallarmé est Marie Dantine, cette femme simple qui avait été la domestique de Villiers et avec laquelle il avait eu un fils: sentant la mort de leur ami proche et s'inquiétant du sort de son fils naturel, Mallarmé et Huysmans convainquirent Villiers d'épouser sa domestique dévouée. Il considérait ce mariage comme un déshonneur, mais il finit par s'y résoudre pour que son fils soit son héritier. Après la mort du poète (août 1889), «Marquise» (elle n'avait pas même pu signer l'acte de mariage) se montra singulièrement difficile pour l'édition des oeuvres de son mari: cette lettre souligne les efforts que Mallarmé et Huysmans déployèrent pour que les oeuvres de leur grand ami paraissent. Après la mort de Villiers, Mallarmé aida Huysmans à publier Axel et Chez les passants et collabora à l'édition des Histoires souveraines chez Deman.
«Cher ami, voici la seconde épître à la Marquise et je voudrais l'ultime: j'ai tenté de lui ouvrir les yeux [...]; ai-je pu? mais mettez votre signature avec un mot comme «C'est également mon avis».
Le fait que nous nous concertons lui en imposera [...] Samedi, je vous porterai la supplique, pour la signature de Goncourt ou de Zola, elle me semble très paraphée déjà. Quand vous passez chez Bailly, signez donc deux exemplaires ou trois pour les gens réclamant au nom d'articles faits.»
Cette lettre est insérée dans l'ouvrage de Camille Mauclair, Mallarmé chez lui, Grasset, 1935. In-12, demi-maroquin à longs grains aubergine, filets dorés, dos à nerfs, titre et auteur poussés or, tranche supérieure dorée, doublures de papier marbré (René Aussourd).
Édition originale, 1 des 8 exemplaires numérotés sur vélin pur fil.
Le livre est enrichi d'un envoi autographe signé. Exemplaire également dédicacé par Camille Mauclair à Lucien-Graux: «Il ne nous enseignait pas mais il faisait bien mieux. Par l'enchantement de sa parole et de sa personne, il mettait chacun de nous, si je puis dire, en état de poésie».

Bibliographie:
Marta Giné Jane, Villiers de l'Isle-Adam: l'amour, le temps, la mort, L'Harmattan, p. 40./Jean-Luc Steinmertz, Stéphane Mallarmé. L'Absolu au jour le jour, Fayard, chap. «La Fin de Villiers», p. 290 sqq.
Provient de la bibliothèque du Docteur Lucien-Graux (ex-libris).

PROVENANCE
Artcurial 14/11/2011
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue