HAHN Reynaldo (1874-1947). L.A.S., Saint-Germain-en-Laye…

Lot 1157
1 000 - 1 500 EUR

HAHN Reynaldo (1874-1947). L.A.S., Saint-Germain-en-Laye…

HAHN Reynaldo (1874-1947).
L.A.S., Saint-Germain-en-Laye Samedi [3 août 1895, à son ami Pierre LAVALLÉE] ; 4 pages in-8 à en-tête “Mon Logis”.

Rare témoignage sur son séjour avec Marcel Proust à Saint-Germain-en-Laye, au cours duquel Proust réfléchit à son recueil Les Plaisirs et les jours et à son roman Jean Santeuil. [Ami proche de Proust entre 1893 et 1900, Pierre Lavallée avait rencontré l’écrivain au lycée Condorcet et s’était lié un peu plus tard avec lui au moment de leurs études communes de droit. Il reçut notamment Proust avec Reynaldo Hahn les 5 et 6 avril 1895 dans son château de Segrez (Essonne). Ils s’éloignèrent l’un de l’autre après le mariage de Pierre Lavallée en 1900. Reynaldo Hahn composa quant à lui une pièce symphonique, Illustration pour le Jardin de Bérénice, et un Trio pour violon, violoncelle et piano, qu’il achèvera en octobre 1895 à Beg-Meil auprès de Marcel Proust.]
Il remercie Lavallée de son invitation à Segrez... « je suis à St Germain – villégiature illusoire, mais charmante – je n’aime rien tant que ce pays-ci ; et Marcel achève de me le rendre cher en y venant tous les jours. Il n’a pas voulu s’installer à l’hôtel à cause du lit !! Mais l’air pur de la vaste terrasse et l’intimité de la forêt lui ont fait je crois beaucoup de bien. Je travaille peu et mal – je m’endors peu à peu dans une oisiveté funeste. Cependant je pense à un trio – ne riez pas – qui m’amusera à écrire – justement à cause de mon manque d’habitude en matière de musique de chambre. Le Jardin de Bérénice avance lentement – voilà 10 jours que je cherche les petits arbres grêles qui entouraient chétivement la maison de Bérénice – je ne trouve que des baobabs ou des palmiers ! Je me réjouis en pensant aux bonnes heures que nous pourrons passer ensemble dans votre beau domaine : des promenades silencieuses, des rêveries, des chants discrets et de bonnes causeries chaleureuses, voilà comment je m’imagine la vie à Segrez – c’est ainsi qu’il faut qu’elle soit. Marcel doit vous écrire demain ou après-demain. Il s’accuse de je ne sais quels torts mystérieux envers vous, dont, j’en suis sûr, vous l’absolvez pleinement »…
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