SADE DONATIEN-ALPHONSE-FRANÇOIS, MARQUIS DE (1740-1814)

Lot 212
8 000 - 10 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 9 360 €

SADE DONATIEN-ALPHONSE-FRANÇOIS, MARQUIS DE (1740-1814)

MANUSCRIT autographe, Le Mariage du Siècle, drame ébauché, [1772]; 35 pages petit in-4 en 4 cahiers et un feuillet, sous chemise-enveloppe titrée.
Rare manuscrit d'une des premières oeuvres de Sade, rassemblant le plan et les ébauches d'un drame conçu pour le théâtre privé de Lacoste ou Mazan, intéressant pour sa méthode d'écriture.
[Le manuscrit peut être daté de 1772, à cause de la mention dans la distribution du comédien Bourdais, engagé par Sade le 25 février 1772 avec sa femme, pour, selon le contrat, «jouer dans mon château et partout où bon me semblera tous les rôles que je leur distribuerai dans la comédie et la tragédie». Ces ébauches renvoient aux pages d'un manuscrit perdu, en vue de sa révision. Il est probable que la pièce ne fut pas jouée, à cause du scandale de Marseille du 27 juin 1772 où Sade et son valet
Latour se livrèrent à une orgie avec quatre prostituées, qui portèrent plainte, provoquant une perquisition à Lacoste et la fuite de Sade en
Italie, avec sa belle-soeur la chanoinesse de Launay et son valet Latour.
Ce dossier a été publié pour la première fois en 1970 par Jean-Jacques
Brochier dans le Théâtre de Sade (tome I, correspondant au t. 32 des
Oeuvres complètes chez Jean-Jacques Pauvert); repris dans le tome I du
Théâtre (13 des Oeuvres complètes) par Annie Le Brun et Jean-Jacques
Pauvert (Pauvert, 1991, p. 49-70).]
Le manuscrit, qui présente de nombreuses ratures et corrections, se compose de quatre cahiers et une feuille volante, emballés dans un papier portant le titre: «Le Mariage du Siecle» et la mention «drame ébauche».
La feuille donne le «Nom des personnages», avec deux projets de distribution, le premier avec des acteurs de la Comédie-Française: «Le baron de St Pré - M. Brissaut / Pauline - Mlle Doligni / Le Cte de Casteli - M. Molé / Le Ch[evali]er de Castelli - M. Chevalier [remplaçant Belcourt biffé] / Sophie - Mlle Lucie / Mde Destournelles - Mme Préville»; un 7e rôle a été supprimé: «Mlle Dorbessa» tenu par Mlle Hus ou Dépinai. La seconde distribution est destinée au théâtre de Lacoste, avec Bourdais (le baron), Mme de Launay [belle-soeur de Sade, chanoinesse] (Pauline), «M. de Sade» lui-même (le Comte), Mme de Sade (Sophie), etc. «La scène est au château de St Pré dans la forêt de Fontainebleau».
Les deux premiers cahiers (8 et 6 pages) donnent le synopsis détaillé des cinq actes. Nous en citons le début: «La première scène est une conversation de Saint Pré, et de Pauline, celle-ci travaille à son métier, M. de St Pré au coin de sa cheminée lisoit une brochure et s'interrompt, il fait entrevoir à Pauline les vues d'établissement qu'il a pour elle, les avantages qu'il croit trouver dans l'alliance de M. de
Castelli, la laissant cependant libre de son choix. St Pré sort, Sophie entre.
Scène seconde. Pauline en continuant de travailler rapporte à Sophie une partie de la conversation de son tuteur. Portrait du comte mis en parallèle avec celui du chevalier par Sophie qui paroit pencher fortement pour le chevalier. Un laquais annonce Md Destournelle qui a avec Pauline la conversation détaillée pages 38 et 39»... Etc.
L'acte IV se déroule dans «un cachot affreux», où est emprisonnée
Pauline. La pièce (acte V) s'achève ainsi (après une première ébauche biffée): «Après le monologue de Pauline, un laquais apporte un billet de la part du Cte, page 165. Effroi, désespoir de Pauline. Elle s'évanouit, monologue intéressant par lequel elle fait entendre qu'elle se croit empoisonnée. Entre Destournelle qui vient dit-elle contempler sa victime. L'attendrissement, le remords pénètrent le Comte; il poignarde
Destournelle, qui meurt en disant qu'elle est enfin punie de ses crimes.
Le Cte est seul sur la scène entre le cadavre de Destournelle et sa femme expirante. Celle ci l'embrasse et expire en lui disant tout ce qu'il est possible d'imaginer de plus tendre. Le Cte seul a un monologue effraiyant, préparé par une scène à l'angloise, où tous ses crimes se présentant à son esprit lui font dresser les cheveux à la tête, l'accablement le saisit, il tombe et meurt de douleur sur le corps de sa femme. - Il ne faut point qu'il ait l'air de consentir à l'empoisonnement de sa femme».
Le 2e cahier donne un autre synopsis, sans le premier acte. Il s'achève ainsi: «Le Comte ne peut tenir à cet excès d'horreur, il poignarde la
Destournelles, le chevalier arrive. Son frère le méconnoit il est hors de lui, le chevalier cherche à le rappeler à la raison, il la perd et se poignarde sur le corps de sa femme».
Le 3e cahier donne la rédaction de l'acte I, en cinq scènes. Citons le début de ce monologue de Pauline dont une première version a été biffée (scène 3): «Monstre ce n'etoit donc que pour me tromper que tu cherchois à me seduire; eh bien quel fruit as tu recueilli de ta perfidie ? etoit-ce du spectacle d'une femme malheureuse toute sa vie, dont tu voulois amuser ta barbarie»...
Le 4e cahier donne le début de l'«Acte Second».
Mes ordres d'achat
Informations sur la vente
Conditions de ventes
Retourner au catalogue