SAINT-SIMON LOUIS DE ROUVROY, DUC DE (1675-1755)

Lot 229
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SAINT-SIMON LOUIS DE ROUVROY, DUC DE (1675-1755)

L.A.S. «Le Duc de St Simon», La Ferté 3 décembre 1744, à Marc-Pierre, comte d'ARGENSON, ministre et secrétaire «ayant le dept de la guerre»; 1 page in-4 très remplie (petit cachet encre des Archives d'Argenson).
Sur la maladie de sa belle-fille la marquise de Ruffec, et le fief qui risquerait d'échapper à sa famille en cas de décès.
[Le fils aîné de Saint-Simon, Jacques-Louis (1698-1746), duc de RUFFEC, à qui son père a transmis sa qualité de duc et pair, avait épousé en 1727 Catherine-Charlotte-Thérèse de Gramont (1707-1755). Son second fils Armand-Jean (1699-1754), marquis de RUFFEC, avait épousé en 1733 Marie-Jeanne-Louise Bauyn d'Angervilliers (1711-1761), qui avait reçu de son père, intendant d'Alsace, lors de son premier mariage avec le marquis de Maisons, le fief du Banc de la Roche (Zuinstein) en Basse-Alsace. Le comte d'Argenson avait la province d'Alsace dans son département, et le marquis de Ruffec désirait obtenir, en cas de veuvage, la survivance de ce fief. On sait que Saint-Simon était très attaché à l'éclat de sa maison, et il avait déjà sollicité le comte d'Argenson à ce sujet. Le marquis de Ruffec héritera du titre de duc à la mort de son frère; n'ayant pas eu d'enfant, il fera de sa nièce
Marie-Christine, fille du duc, dite «Mademoiselle de Ruffec» (1728- 1774), qui avait épousé en 1749 le comte de Valentinois, sa légataire universelle, et lui transmettra sa grandesse d'Espagne.] «Je ne me douttois pas Monsieur d'avoir a vous importuner si tost du memoire dont j'eus l'honneur de vous parler a Versailles, que je joins icy, & sur lequel vous me répondistes si gracieusement. Par une lettre que je reçois aujourdhuy du M[arquis] de Ruffec d'hier, j'apprends que samedy d[ernie]r nov[embre] sa femme deja plus incomodée qu'a l'ordinaire, & au lit depuis quelques jours, se trouva tres mal d'estouffements violents, & d'un mal de teste insuportable; que l'agitation fut grande la nuit; que VERNAGE [médecin] la fit saigner du pied deux fois; & qu'apres la seconde, la fievre a éclaté, sans que les accidents soyent diminués. Cela sent bien une fievre maligne, qui me fait dautant plus craindre, que sa santé est fort mauvaise depuis longtemps. Vous jugés bien que si nous avions le malheur de la perdre, ce fief seroit demandé par mil gens, & outre la douleur qui empecheroit mon fils de penser a rien, il a la goutte à une main & un peu dans la teste. Je ne puis quitter le D[uc] de Ruffec dans l'estat ou il est, & au moment que j'apprends encore que sa femme sera demain icy. Je suis honteux dans l'accablement des plus grandes affaires ou vous estes, de vous parler de celles de ma famille, mais vous m'aves permis de si bonne grace de compter sur l'honneur de vostre amitié, que dans cette confience je vous explique le malheureux estat des choses, & m'abandonne sans reserve a vos bontés aupres du Roy pour une grace que l'estat de mes affaires rend si importante au M.
de Ruffec qui n'a point d'enfants. Vous ne doutteres pas s'il vous plaist
Monsieur de toute ma reconnoissance & des sentiments les plus vrais avec lesquels je suis vostre tres humble & tres obeïssant serviteur»...
Les Siècles et les jours. Lettres... (éd. Y. Coirault), n° 335, p. 575.
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