STAËL GERMAINE NECKER, BARONNE DE (1766-1817)

Lot 234
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STAËL GERMAINE NECKER, BARONNE DE (1766-1817)

L.A., [Coppet] 15 messidor [4 juillet 1800], à Joseph-Marie de GÉRANDO; 4 pages in-8.
Belle lettre sur les succès de Bonaparte en Italie, alors qu'elle vient de publier De la littérature et rédige Delphine.
[Le philosophe et anthropologue Joseph-
Marie de GÉRANDO (1772-1842), ami proche de Mme de Staël, fera une brillante carrière administrative sous l'Empire, ce qui l'éloignera peu à peu de son amie. La lettre reflète le succès remporté par De la littérature, attaqué cependant dans le Mercure de
France par Louis de FONTANES, proche du Premier Consul Bonaparte. Benjamin
CONSTANT séjourne alors à Coppet chez son amante.] «Vous êtes bon, mon cher Gerando, de ne pas m'oublier, car la tête pourroit bien tourner de toutes les merveilles d'Italie.
J'ai cédé à l'enthousiasme moi même que la flatterie éloignoit de l'admiration. Les governementistes seront bien contents de moi cet hyver du moins ceux qui veulent la louange sans la bassesse».
Elle évoque l'article critique de FONTANES: «Vous prétendez que vous avez adouci l'amertume de votre ami Fontanes; que vouloit- il donc dire ? J'ai l'idée de lui répondre: si son 2d article me déplait autant que le 1er, je le ferai avec le ton qui me convient, mais je relèverai les faits faux et les insinuations perfides. [...] J'ai à répondre à tant de lettres sur mon ouvrage (surtout des Allemands) que cela prend la moitié de ma vie. Je veux cependant continuer mon roman [Delphine]; j'espère qu'il plaira à Annette; je la reconnois pour juge des sentiments vifs et délicats dans quelque situation que je les place. Dites à Matthieu [de Montmorency], je vous en prie, que j'ai changé ce qui lui déplaisoit de mon plan presqu'entièrement; il faudra bien qu'il lise au moins ce roman-là».
Puis sur Benjamin CONSTANT: «Benjamin reste ici un mois au moins, et trois mois après son départ je vous rejoins. Je partage ainsi dans ma pensée la longue absence pour mieux la supporter».
Elle demande des nouvelles de Camille
Jordan, Mathieu de Montmorency, Narbonne, Roederer... Lucien Bonaparte lui «écrit les plus belles lettres du monde; s'il vous donne une place qui vous fixe à Paris, je le chante en vers et en prose à moindre prix que Fontanes [Lucien fera bientôt entrer
Gérando au ministère de l'Intérieur, dont
Fontanes était un porte-parole officieux].
- On craint encor ici que la paix ne soit pas facile, mais c'est de Paris qu'il faut nous donner des nouvelles; ne vous reste t'il pas un petit coin d'enthousiasme pour
MOREAU ? Tout tranquillement il a conquis la Souabe entière et fait aussi une armistice; mais rien n'a l'éclat de Marengo, et il faut convenir que s'exposer sa fortune faite est plus brillant que s'exposer pour la faire»...
Elle recommande à Gérando, qui a «la simplicité des moeurs d'Homère», de lui envoyer dès parution son ouvrage [Des signes et de l'art de penser]...
Correspondance générale, t. IV-1, p. 289.
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