Lot 250
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VOLTAIRE (1694-1778)

L.A.S. «V», aux Délices 4 juin [1756], à Nicolas-Claude THIERIOT; 4 pages in-4 (infime déchirure marginale sans toucher le texte).
Sur l'édition de ses «petits sermons»: le Poème sur le désastre de Lisbonne et le Poème sur la loi naturelle.
[Voltaire s'était lié dès 1714 avec Nicolas
THIERIOT (1697-1772), qui restera son ami, et lui servait d'agent littéraire à Paris.] «Je reviens dans mon hermitage vers
Geneve mon ancien ami, sans savoir si mes petits sermons ont été imprimez à Paris comme je les ai faits et comme je vous les ay envoiez, mais je reçois une lettre de Mr d'ARGENTAL qui met presque en colere ma dévotion. Il me fait part d'un scrupule que vous avez eu quand je vous ai mandé, que la condamnation un peu dure des ennemis de Baile [Pierre BAYLE] ferait tort à l'édition, et à l'éditeur. Vous avez fait comme tous les commentateurs; vous n'avez pas pris le sens de l'auteur.
Quel galimatias, ne vous en déplaise, de regarder ce danger de l'éditeur autrement que comme le danger d'imprimer un reproche fait à un corps respectable !
Comment avez vous pu imaginer que je pusse avoir un autre sentiment. Vous avez la bonté de faire imprimer un ouvrage qui vous plait, et je ne veux pas qu'il y ait dans cet ouvrage la moindre chose qui puisse vous compromettre. Il faut que vous ayez le diable au corps, le Diable des Bentley, des Burman, des Variorum pour expliquer ce passage comme vous avez fait.
J'attends des exemplaires reliez de mon recueil de rèveries pour vous en envoyer.
Je ne sais pas quel party prend Lambert [libraire]. Je voudrais bien ne pas desobliger Lambert. Je voudrais aussi que les Crammer pussent profiter de mes dons.
Il est difficile de contenter tout le monde».
Il vient de parcourir une partie des Pensées philosophiques d'un Citoyen de Montmartre [attaque contre les philosophes, par Pierre Sennemaud]: «c'est un ane qui affiche sa patrie»; il pense que Fréron et La Beaumelle sont les auteurs de «cet infame et ridicule libelle. On me mande qu'il n'a excité que l'horreur et le mépris».
Il évoque la publication par LA BEAUMELLE de «lettres originales de Louis 14 et de
Madame de Maintenon dont on pourra faire quelque usage dans la nouvelle édition du Siècle de Louis 14. Un scelerat et un sot peut avoir eu par hazard de bons manuscrits»... Il vante «l'abaye des Délices [...] mon abaye en vaut bien une autre, c'est celle de Thélème. On m'en a voulu tirer en dernier lieu pour aller dans des palais.
Mais je n'ai garde»...
Il lui envoie une nouvelle édition de ses «sermons», à distribuer à D'ALEMBERT, DIDEROT et ROUSSEAU: «Ils m'entendront assez. Ils verront que je n'ai pu m'exprimer autrement et ils seront édifiez de quelques notes. Ils ne dénonceront point ces sermons ».
Correspondance (Pléiade), t. IV, p. 780.
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