BAUDELAIRE Charles (1821-1867)

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BAUDELAIRE Charles (1821-1867)
Ensemble de 3 lettres autographes signées de Charles Baudelaire.
Lettre autographe signée à Auguste POULET-MALASSIS, datée du 27 septembre 1860 6 h 1/2, 2 pages in-8 à l'encre noire sur un double feuillet de papier vélin. Adresse et timbre au verso du dernier feuillet.
«Mon cher ami,
A peine ai-je mis ma lettre à la poste, celle que vous recevrez demain matin vendredi, - que je me suis souvenu d'une observation que j'avais oublié de vous faire : pourquoi, quand ma signature est considérée à
Alençon comme responsable d'au moins 1500 francs, non encore payés, la présentez-vous pour une valeur de 2000, au moins, de 2900, au plus ?
Tandis que avons Gélis, à Paris, chez qui votre signature est très considérée ? Est-ce de la coquetterie envers Gélis ?
Vous comprenez bien, n'est-ce pas ? Que ce n'est pas timidité de ma part ; mais, puisque nous sommes obligés de jouer la comédie pour six mois encore, pour neuf mois peut-être, il faut la jouer avec toute la vraisemblance possible.
En un mot, vous faites mal la navette.
Quel supplice que cette inquiétude périodique, qui tombe régulièrement au bout de six semaines !
Je suis résolu à en finir, et je mets sérieusement tout mon courage à votre service. Mais cette lettre va probablement vous arriver trop tard.
Je me recommande bien à vous, pour les 920 francs. Je présume que vous en comprenez l'importance. Je vous laisserai, si vous voulez les garder pendant quelques heures, 300 francs, jusqu'à ce que j'aie touché les 500 francs de Grandguillot.
Tout à vous,
C.B.»
Pour faire face à ses perpétuelles difficultés financières, Baudelaire avait mis au point avec son éditeur Poulet-Malassis une technique d'une honnêteté douteuse : l'éditeur, qui jouissait d'un certain crédit, fournissait au poète des traites de complaisance que celui-ci pouvait escompter.
Ces billets, qui s'apparentent à des chèques sans provision, passaient de main en main, d'où le nom de «navette» employé dans leur correspondance.
Tous ces billets donnaient lieu à des protêts (constatation par huissier de justice, qu'un effet n'a pas été payé, à échéance) et à des frais importants.
Mis en place dès 1856, ce système, en 1860, commençait à s'épuiser, les principaux escompteurs refusant d'accorder du crédit à Malassis.
Un des derniers était le banquier Léon Gélis, de la maison Gélis-Didiot & Cie. Baudelaire exhorte son ami, qui commence à se lasser, à ne pas baisser les bras : «puisque nous sommes obligés de jouer la comédie pour six mois encore, pour neuf mois peut-être, il faut la jouer avec toute la vraisemblance possible».
Gélis, n'était pas perdant dans l'affaire, puisque tous ces billets impayés occasionnaient des frais supplémentaires, facturés au poète. Baudelaire et
Malassis n'étaient pas de taille à lutter contre le système et deux ans plus tard, l'éditeur fut emprisonné pour dettes et contraint de fuir en Belgique.
Lettre autographe signée à Léon GÉLIS, datée de Paris, 2 mai, 1861.
2 pages in-8, à l'encre noire, sur un double feuillet de papier vergé à en-tête de Gélis-Didot et Cie. (Au verso du dernier feuillet, un croquis (plan de maison) à la mine de plomb.
«Cher Monsieur,
Voici les trente francs qui complètent le paiement du premier billet de
Calonne, et que j'avais eu le tort d'oublier.
Il y a demain une citation pour les deux derniers billets ; je n'irai pas, étant appuyé sur votre gracieuse promesse.
Vous m'avez demandé ce que je voulais définitivement faire : Je veux venir vous voir à la fin de chaque mois et déposer chez vous n'importe quelle somme, 50, 100, 200, etc. L'extrême latitude que je sollicite de vous tient à l'irrégularité absolue de mon revenu. - Mais jamais un mois nouveau ne commencera sans que je vous aie fait une visite, et sans que j'aie déposé de l'argent chez vous.
Ayez la bonté de transmettre cette lettre à votre huissier avec un mot de vous.
A propos de la saisie opérée chez moi sur mes collections de dessins, je vous dirai qu'il y en a un très grand nombre qui ne m'appartenaient pas et qui m'ont été simplement confiés pour un travail littéraire.
Enfin, en dernier lieu, je laisserai ici, jusqu'au dernier moment, tous les billets, et vous prierai de faire un effort pour obtenir de M. de Calonne le remboursement des frais et des intérêts.
Ch. Baudelaire 22, rue d'Amsterdam»
Alphonse de Calonne était le directeur de La Revue contemporaine, dans laquelle Baudelaire publia plusieurs articles de critique. Relativement complaisant à l'égard du poète, il participait parfois aux «navettes», ces petites opérations frauduleuses montées par Baudelaire et Malassis.
L'éditeur fournissait à l'écrivain des billets de complaisance, qui passaient par les mains de ses amis Asselineau, Monselet ou même Hetzel, avant de finir escomptés chez divers banquiers de la capitale. Gélis était l'un d'eux.
Calonne devait régler pour Baudelaire trois billets, les deux dern
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